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Le
Prince enfant
Philibert naquit au château de Lons-le-Saunier, le 18
mars 1502. Il appartenait à la branche cadette de sa
famille, dite de Chalon-Arlay. Son père trépassa
quelques mois après sa naissance. Philibert hérita
donc, tout petit, de la fortune, des titres et de la puissance
de la famille dont il était le seul descendant mâle.
De fait, il se trouva être un des plus puissant seigneur
de son temps. Sa famille avait amassé fortune et privilège
dans toute la Comté et même au delà. Elle
tirait essentiellement ses richesses de l'exploitation des
salines de Salins et de Lons-le-Saunier. C'était aussi
le premier propriétaire foncier de la province. Et
en Bourgogne, Bresse, Bugey, Champagne, Flandres ou encore
Bretagne, le nom de Philibert de Chalon était synonyme
de possessions et empreint de noblesse.
L'homme d'armes au service de...
l'Espagne
Philibert de Chalon reçut la plus pure éducation
chevaleresque, rompu aux exercices armés comme au tournoi.
L'héritier devint un de ces valeureux soldats dont
put s'enorgueillir la Franche-Comté.
Néanmoins, les explications sur sa rupture d'avec le
roi de France divergent : d'aucuns y ont vu une simple susceptibilité,
d'autres évoquent le refus de François 1er de
lui restituer son titre de Prince d'Orange.
Quoiqu'il en soit, c'est le camp espagnol que rejoignit le
jeune prince, c'est à dire le camp ennemi de la France.
A l'âge de 21 ans, il était général
de l'Infanterie espagnole, recevant, au passage, le collier
de la Toison d'Or. Il fit ses premières armes à
Tournai et en Espagne avant de s'aventurer dans les guerres
d'Italie, et de commander, seul, les troupes espagnoles devant
Rome en 1527. Il maîtrisa parfaitement le siège,
prit le château Saint-Ange et Charles Quint (Carlos
Quinto) le gratifia du titre de "généralissime"
de ses armées.
La mort en Toscane
Philibert joua un rôle essentiel dans les campagnes
d'Italie ; délivrant Naples de la présence française,
il reçut le titre envié de Vice-Roi de Naples.
Hélas ! son ascension fulgurante et rapide fut subitement
brisé en 1530. Il dirigeait alors le siège de
Florence ; il fut mortellement atteint de deux coups d'arquebuse
et périt le 3 août 1530. Le "brillant capitaine"
était tombé devant Florence à 28 ans.
C'était une perte cruelle pour Charles Quint qui voyait
disparaître son meilleur élément, pour
la Franche-Comté qui perdait son brillant héritier.
Le corps de Philibert reçut une sépulture provisoire
sur le lieu même de la bataille, à Gavinana,
en pleine Toscane. La petite chapelle abrite toujours la plaque
évoquant le passage posthume du Prince d'Orange en
son sein. Puis le corps fut déposé à
Florence et prit le chemin vers sa ville natale, Lons, où
il arriva le 23 octobre 1530. Là, de nombreuses têtes
couronnées attendaient les obsèques qui se déroulèrent
à l'église des Cordeliers. Elles furent grandioses
: l'église était entièrement tendue de
noir, un catafalque immense ornait le choeur. Quatre mille
torches armoiriées éclairaient la nef. A l'issue
de la messe de funérailles, le corps fut descendu dans
le caveau qui se trouve sous le choeur.
Philibert fut un authentique prince du 16ème siècle,
guerrier qui porta loin le renom de sa province et l'honora
même dans la mort. Décédé sans
héritier, il léguait ses biens à son
neveu, René de Nassau, lequel, de succession en succession,
a pour actuel héritier une tête couronnée
d'Europe, qui détient les titres de la famille de Chalon,
S.M. Béatrix des Pays-Bas.
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