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Et vogue la pirogue !
Centenaire de la découverte de la pirogue de Chalain
 
 

Cette exposition fête le centenaire de la découverte de la pirogue de Chalain. Ce monoxyle long de 9,35m a été taillé dans un tronc de chêne il y a 3 000 ans. Il est l'une des pièces majeures des collections archéologiques comtoises.

Découverte fortuitement en 1904 après une baisse brutale des eaux du lac de Chalain consécutive aux travaux de l'Union électrique, signalée par l'instituteur Emile Potard, la pirogue a été transportée au Musée. Sa conservation était pourtant loin d'être acquise. Pendant près de 3000 ans, les couches crayeuses du lac avaient constitué un milieu stable bien adapté à la conservation des matières organiques comme son bois. Sa mise au jour risquait donc paradoxalement de la mettre en danger. Elle est l'un des rares exemplaires découverts anciennement qui sont parvenus presque intacts jusqu'à nous. Nous le devons au traitement inventé de manière plus ou moins empirique par Louis-Abel Girardot, alors conservateur du Musée.
Longtemps attribuée au Néolithique, comme la majorité des vestiges découverts au bord du lac, la pirogue a fait l'objet d'une étude exhaustive en 1984. Elle a alors été datée par la dendrochronologie de 959 avant J.-C. soit l'Âge du Bronze final, par Georges Lambert du Laboratoire de Chrono-Ecologie de Besançon. L'étude typologique de Béat Arnold, spécialiste suisse des embarcations monoxyles pré-et protohistoriques, l'attribue également à cette période.
En 1988, elle s'est installée dans une salle à elle au Musée d'archéologie du Jura, dans un décor évocateur des rives du lac vers 1000 av. J.-C., décor que l'on doit au talent de Josette Coras. La pirogue s'est fondue petit à petit dans l'environnement quotidien.

" Et vogue la pirogue " replace la pirogue dans son contexte : l'Âge du Bronze, période beaucoup moins attestée en milieu lacustre que le Néolithique car les couches correspondantes à cette période ont souvent été lessivées par l'érosion. En revanche, cette période est bien connue par des découvertes et sites d'habitat en milieu terrestre. Celles-ci sont illustrées par des collections du Musée : outils en bronze, céramiques (dont une belle série au surprenant décor d'étain provenant de la grotte des Planches-près-Arbois), tissus, restes calcinés de nourriture,… splendides vaisselles de bronze du dépôt d'Evans témoignent de la vie quotidienne des hommes dont certains ont taillé la pirogue, peut-être d'ailleurs avec une herminette en bronze fixée sur un manche de bois, découverte à Chalain ! Une maquette rend d'ailleurs lisible l'organisation de la vie d'une communauté d'agriculteurs et de potiers vers 1000 av. J.-C.

L'exposition replace aussi la découverte de la pirogue dans les recherches en milieu lacustre très en vogue à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. On aborde ensuite la préservation, l'étude et la muséographie de ces objets étonnants depuis un siècle. Le recours à l'archéologie expérimentale permet aujourd'hui de mieux comprendre dans quelles conditions techniques on a pu fabriquer de telles embarcations.

La scénographie interactive de Véronique Bretin se marie aux magnifiques photographies du lac prises par Michel Loup et aux collections du Musée pour évoquer de façon sensible et spectaculaire à la fois les multiples vies de la pirogue. Elle nous propose de plonger dans le temps, sur les traces de cet objet exceptionnel.

 
 

Infos pratiques :

 

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