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L'église
Saint-Désiré
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Léglise
Saint-Désiré est un fleuron de lart roman
en Franche-Comté, datant des années 1080,
même si, de lextérieur, les remaniements
du 19ème s. ont masqué ces vestiges anciens.
En effet, le clocher a été reconstruit en 1880,
lescalier à double volées achevé
vers 1845. Et les incendies des 16ème et 17ème
siècles népargnèrent pas le monument.
Pourtant, léglise a été élevée
au 11ème siècle, en pleine vague de construction
religieuse (un blanc manteau déglises recouvrit
la chrétienté - Raoul Glaber), sur les
vestiges dun sanctuaire chrétien antérieur,
qui avait lui-même succédé à un
culte plus ancien, peut-être païen. Son histoire
est indissociable de celle du culte rendu à Saint-Désiré,
évêque du 5ème siècle et qui, décédé
à Lons vers 414, fut inhumé dans le lieu de
culte que lui-même destinait à Saint-Nicolas.
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1
- La nef, les bas-côtés
Longueur : 25m - Largeur : 7m18 - Hauteur : 10m80
Il semble que la nef ait été élevée
dès 1080 (un document de 1083 atteste lexistence
de léglise) dans le plus pur style roman franc-comtois.
Ses principales caractéristiques sont simples :
-
absence de décor historié : pas de
fresques ni de peintures, (lenduit ayant été
enlevé lors de la restauration de 1931 pour mettre
à jour lappareil en pierre), pas de chapiteaux
entre les piles et les arcades en plein cintre mais de simples
angles épannelés en triangle ;
-
des piliers très originaux : ils nont
en effet pas tous la même forme. Cest une particularité
que lon retrouve dans dautre églises
romanes du Jura, notamment à Baume-les-Messieurs.
Par contre, ce sont les piliers les plus hauts des églises
romanes franc-comtoises.
-
quelques fenêtres hautes témoignent
à la fois du faible éclairage de la nef romane
et du remplacement de la charpente primitive au 17ème
siècle : elles sont en effet totalement désaxées
par rapport aux voûtes dogives et désormais
aveugles.
Les bas-côtés ont conservé leurs
voûtes darêtes dorigine. Ils sont
moins hauts et celui du Nord est encore éclairé
par les fenêtres romanes primitives.
La nef a été amputée de son extrémité
Ouest (une travée et deux chapelles du 14ème
siècle) vers 1809 lorsque lon construisit le
portail dentrée à la Préfecture
du Jura. A cette date, lentrée fut transférée
sur le flanc Nord. Plus tard, vers 1852, la façade
Ouest fut remaniée, une tribune construite (1852)
et une rosace posée.
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2
- La Piéta (ou descente de croix)
Elle provient du prieuré de Gigny (Jura) et daterait
des années 1470-80. Elle présente des analogies
frappantes avec la production des ateliers bourguignons reprenant
le style de Claus Sluter. Surtout, fait rare, elle regroupe,
autour du Christ et de la Vierge, la plupart des personnages
qui assistèrent à la Passion.
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3
- Les orgues
Lorgue a été construit vers 1839-1840
par la Société Daublaine-Callinet, avec un buffet
assez original dans la production de ce facteur. Il a été
installé sur cette tribune après des travaux
dans la nef, en 1852. Il contient dix-huit jeux sur deux claviers
et pédalier.
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4
- La crypte
Longueur : 12m63 - Largeur totale : 6m16 - Hauteur : 2m75
On accède à la crypte par des escaliers de part
et dautre du maître autel. Tout indique que la
crypte a été reconstruite à plusieurs
reprises, la dernière fois en 1060, sur lemplacement
dun sanctuaire plus ancien. Les réemplois de
matériaux (les piliers, ...) sont en effet fréquents.
Lart roman primitif y est exceptionnellement
bien représenté : la crypte compte trois nefs
de six travées, voûtées en plein cintre.
Labside et les absidioles sont voûtées
en cul de four. Dans labside se trouve le sarcophage,
vide de Saint-Désiré, couché sur le flanc.
Dessous, un autre sarcophage pourrait être la sépulture
primitive du saint patron. Entre labside et les absidioles,
deux chapiteaux dune exceptionnelle qualité :
ils dateraient du 5ème siècle et sont ornés
de motifs évangéliques : lun arbore le
poisson, lautre laigle.
Au fond, une statue du 16ème siècle figure un
évêque qui pourrait être Saint-Désiré.
Retrouvée brisée en plus de soixante morceaux
dans une église il y a plusieurs années, elle
a été remarquablement restaurée.
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5
- Le transept Nord, le choeur, le clocher
Cest, avec la nef, le seul vestige roman important.
Dans le mur, entourant lautel, des traces dun
arc en plein cintre (déambulatoire ?) ainsi
que, plus à gauche, celle dune absidiole, témoignent
des ravages du feu et de la reconstruction, après 1595,
du chevet. Le choeur, en effet, ne fut achevé
quaprès lincendie de 1637, même sil
emprunte son style à un gothique tardif avec ses sept
baies en tiers-point.
A noter, dans la petite chapelle au Nord, une belle Vierge
à lEnfant de l école bourguignonne
de la fin du 15ème siècle.
Enfin, le clocher a été reconstruit sur
le transept Nord en 1604, puis, après différents
aléas (en 1795, il fut abattu), achevé, dans
sa physionomie actuelle, en 1880.
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